La Mesnie du Phoénix

Vivre et partager l'histoire au coin du feu

Le feu et le baume

    Nul ne vit venir Joe. Par un matin gris et brumeux, alors que la rosée s'attardait sur les toiles des pavillons, un homme silencieux, vétu de modestes hardes et d'un capuchon tiré bas, franchit les limites du camp de la Mesnie du Phoenix. Aucun cri, aucun tambour ne salua son arrivée ; seuls les corbeaux, perchés sur les palissades, tournèrent un oeil curieux.

    Il ne dit rien, mais il observe. Il tendit la main lorsque des bras étaient nécessaires, d'abord pour porter du bois, puis pour panser une plaie. Car Joe, sans grand mot, possède les gestes sûrs d'un soignant. Une décoction pour les toux, un onguent pour les douleurs... vite, les membres de la mesnie se tournèrent vers lui quand la fatigue les marquait.

    Avec le temps, sa place se fit, discrète mais solide. On le voit souvent penché sur le feu, nourrissant les flammes avec soin, les yeux brillants de cette chaleur qu'il semble chérir autant que la vie elle-même. A la cuisson, Joe excelle : simples potées, viandes dorées, galettes fumantes... Son feu n'est jamais trop vif, jamais trop faible. Certains disent qu'il parle au feu comme à un vieil ami. D'autres jurent qu'il chantonne une mélodie venue d'un autre temps chaque fois qu'il soigne ou qu'il cuisine.

    Mais tous s'accordent sur une chose : Joe, le silencieux venu d'ailleurs, est devenu l'âme tranquille de la Mesnie du Phoenix. Car dans chaque campement, après une longue marche, il y a toujours une flamme qui réchauffe les coeurs et une main douce pour réparer les corps. Et cette main, c'est celle de Joe.

Retour aux Compagnons 📜